Formations horticoles en Wallonie : un plan d'action collectif pour transformer l'image d'une filière
Formations horticoles en Wallonie : un plan d'action collectif pour transformer l'image d'une filière
En juin 2026, le groupe de travail Formation de l'IIS Wasabi 2.0 dresse un état d'avancement de son plan d'action dédié aux formations horticoles wallonnes. Ce bilan témoigne d'une mobilisation sectorielle inédite pour répondre à un double défi : augmenter la fréquentation des formations et rendre le secteur plus attractif aux yeux des jeunes, des familles et du grand public.
Une feuille de route en trois axes
Le plan s'organise autour de trois orientations complémentaires : agir sur le terrain et via les réseaux sociaux pour accroître la visibilité des formations et des métiers, renforcer les liens entre organismes et développer une force médiatique pour contrer les idées reçues sur le secteur, et enfin faire évoluer les contenus et formats pédagogiques pour mieux correspondre aux réalités du métier et aux aspirations des apprenants. Ces orientations se déclinent en une vingtaine d'actions concrètes, de la présentation des métiers dans les écoles primaires à la création de capsules vidéo, en passant par l'intégration de notions de durabilité et de gestion d'entreprise dans les cursus.
Un langage commun pour parler d'un même secteur
L'une des réalisations les plus structurantes est la construction d'un message commun à l'échelle de la Wallonie. Deux ateliers ont permis de co-construire trois portraits de métiers. L'horticulteur ou horticultrice y est présenté comme un acteur de la transition écologique et sociale, « alliant savoir-faire traditionnel et technologies innovantes », offrant un équilibre rare entre travail intellectuel, physique et créatif. Le maraîcher est valorisé comme un entrepreneur agile, capable de se lancer rapidement et de contribuer à une alimentation locale et respectueuse de l'environnement. L'ouvrier horticole, quant à lui, incarne un métier concret, accessible, ancré dans la nature et le rythme des saisons. Ces formulations, issues d'un travail collectif, ont vocation à être reprises par l'ensemble des partenaires pour construire une image unifiée et positive du secteur.
Des actions déjà visibles
Plusieurs initiatives ont déjà porté leurs fruits. Une journée destinée aux conseillers pédagogiques du SIEP et de la Cité des Métiers a rassemblé 35 participants, dont dix-huit conseillers qui ont (re)découvert des métiers aux débouchés clairs et des formations accessibles. Un drive partagé, hébergé par le Collège des Producteurs, centralise désormais les outils et contenus vidéo produits par le réseau.
Sur le plan de la mutualisation, un catalogue interne des infrastructures pédagogiques wallonnes est en construction, articulé avec le CADEP (Cadastre des équipements pédagogiques) porté par le Forem. L'objectif : encourager les établissements à mieux se connaître, à organiser des visites croisées et à partager leurs équipements. Des modèles de conventions entre opérateurs sont en cours de finalisation pour faciliter ces collaborations.
Libramont 2026, vitrine de la filière
L'initiative la plus visible prend corps à la Foire de Libramont. Dès 2026, un nouveau pôle « Enseignement et Métiers » sera inauguré sous la bannière « Cultive ton Flow : les métiers qui nourrissent, soignent, protègent et façonnent le monde de demain ». Horticulture, médecine vétérinaire et bioingénierie y cohabiteront dans un espace dédié à l'orientation, avec au programme une application de choix de formations, des témoignages d'alumni, un escape game et un mur de CV. Un stand commun spécifiquement horticole est par ailleurs en réflexion pour les éditions suivantes.
Conclusion : maintenir la dynamique
Si le bilan est encourageant, des questions se posent pour la suite. Les actions portant sur l'évolution des contenus de formation n'ont suscité que six réponses lors d'une récente consultation. Qui est prêt à s'en emparer ? À l'heure où l'IIS Wasabi 2.0 approche de son terme, la pérennisation de ces coopérations — au-delà du cadre institutionnel qui les a rendues possibles — devient l'enjeu central d'un réseau qui a su, en peu de temps, cultiver bien plus qu'une simple coordination.
