Nouveau rapport de la Commission EAT-Lancet



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©️ EAT-Lancet

La Commission EAT-Lancet sur des systèmes alimentaires sains, durables et justes sort son nouveau rapport…

Les systèmes alimentaires sont au croisement de la santé, du climat, de l’environnement et de la justice. Leur transformation est indispensable pour répondre conjointement aux crises du climat, de la biodiversité et de la santé, tout en réduisant les inégalités. L’étude souligne que les politiques alimentaires doivent devenir un levier global de cohérence entre économie, gouvernance et équité.

Le régime de santé planétaire (Planetary Health Diet, PHD) constitue la base de cette transformation : un apport énergétique adéquat, une alimentation variée et majoritairement végétale, composée d’aliments peu transformés, de graisses insaturées, et de faibles quantités de sucres et de sel. Ce modèle flexible, compatible avec les cultures locales, prévient les maladies non transmissibles et pourrait éviter jusqu’à 15 millions de décès prématurés par an.

Actuellement, les systèmes alimentaires sont responsables d’environ 30 % des émissions de gaz à effet de serre et de cinq dépassements majeurs des limites planétaires : usage des terres, intégrité de la biosphère, eau douce, cycles de l’azote et du phosphore. Sans réforme, ils compromettront les objectifs de l’Accord de Paris, même avec une transition énergétique réussie.

Sur le plan social, les droits humains liés à l’alimentation, à un environnement sain et à un travail décent ne sont pas respectés : près de la moitié de l’humanité vit sous ces seuils. Les 30 % les plus riches génèrent plus de 70 % des pressions environnementales, tandis qu’à peine 1 % de la population mondiale vit dans un espace sûr et juste. Les politiques nationales doivent donc corriger ces déséquilibres.

Pour rendre le PHD accessible et désirable, il faut agir sur les environnements alimentaires, stimuler la recherche culinaire, soutenir les régimes traditionnels sains et renforcer le pouvoir d’achat. Une transition combinant régimes sains, productivité agricole accrue et réduction du gaspillage permettrait de réduire fortement les pressions sur le climat, l’eau et la biodiversité ; aucune mesure isolée n’est suffisante. Des pratiques d’intensification écologique pourraient même conduire à un système alimentaire neutre en carbone, grâce à la séquestration du carbone et à la restauration des habitats.

Cette mutation modifierait profondément les modes de production : une baisse de 33 % de la viande ruminante et une hausse de 63 % des fruits, légumes et noix seraient nécessaires pour nourrir durablement 9,6 milliards de personnes d’ici 2050. La réussite dépendra d’une justice structurelle : salaires décents, représentation des travailleurs, transparence, accès équitable aux ressources, et lutte contre la concentration du pouvoir économique.

Enfin, la Commission EAT-Lancet appelle à une mobilisation sans précédent : coalitions multi-acteurs, financements réorientés, feuilles de route nationales et articulation avec les grands cadres mondiaux (Accord de Paris, Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal). Les systèmes alimentaires doivent devenir le moteur d’une transformation globale vers une planète saine, juste et durable.

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